Oxfam France · L’art de prendre sans entreprendre

Faire du rire une porte d’entrée vers l’enquête

Campagne réalisée pour Oxfam France autour de son rapport annuel sur les inégalités, publié le 20 janvier 2025, dont le focus français était consacré à Vincent Bolloré.

Deux films : une fausse publicité de jeu de société de 90 secondes, et une enquête de huit minutes déclinée en capsules verticales.

Conception Réalisation Tournage Montage
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Le point de départ

Un rapport d’ONG sur les inégalités touche d’abord celles et ceux qui sont déjà d’accord. Oxfam France voulait sortir de ce cercle, et le sujet ne facilitait rien. Pour comprendre l’empire Bolloré, il faut relier l’héritage, des activités africaines nées de la période coloniale, la concentration verticale des médias et les atteintes aux droits humains. Quatre mécanismes qui se renforcent, dont aucun ne se comprend seul.

Le concept

Deux niveaux de lecture, et un passage organisé de l’un à l’autre. D’abord un format conçu pour circuler : une version détournée du « Qui est-ce ? », jouée par Guillaume Meurice et Aymeric Lompret, où chaque question posée sur les milliardaires français fait tomber un mécanisme de concentration. Les codes sont ceux, volontairement surjoués, d’une publicité de jeu de société. Puis une enquête de huit minutes qui croise quatre voix : la chercheuse Marie-Yemta Moussanang, la responsable de plaidoyer Layla Abdelké Yakoub, et les journalistes Nicolas Vescovacci et Yunnes Abzouz. Un de nos films qui servent à convaincre.

La fabrication

Les deux films ne visent pas le même public, et ne se dirigent pas pareil. Le « Qui est-ce ? » repose sur la semi-improvisation : le texte fixe les mécanismes à faire tomber, les comédiens trouvent le reste, et le plateau est organisé pour laisser tourner plutôt que pour découper.

L’enquête fonctionne à l’inverse. Une vidéo-projection en plateau montre les documents dont les intervenant·es parlent, et le montage répartit la démonstration entre les quatre voix, pour qu’aucune ne porte seule une charge aussi lourde. Digérer un rapport de plaidoyer pour en tirer deux objets qui se répondent, c’est le travail de départ.

Ce que ça a déclenché

La vidéo « Qui qui qu’a du pognon ? » dépasse le million de vues organiques et renvoie une partie de son audience vers le site de campagne et vers l’enquête. Le dispositif a fait ce qu’on lui demandait : amener jusqu’à huit minutes d’analyse un public venu pour deux comédiens. Vincent Bolloré cesse d’être un cas isolé, il devient le symptôme d’un système.

Un sujet trop complexe pour tenir en une minute ?

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